03/02/2012
Le quota d’oies accordé
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Par Thomas Goussard - 03/09/2010 à 16h38 1
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Antoine est le premier client de Club Seasons Voyages à avoir tiré un ours sur nos territoires en Estonie. Voici le récit de son séjour.
« 20 août 2010. Après un vol et un transfert sans histoires, nous voici arrivés, ma compagne, ma fille et moi-même, à l’Hôtel Aqva, à Rakvere, en Estonie, pour un séjour d’une semaine, avec comme projet d’y chasser l’ours, chevreuils et sangliers. Jérôme Latrive, de GP & Club Seasons Voyages, m’avait certifié qu’il s’agissait d’un excellent territoire, pour lequel un petit quota d’ours avait été attribué pour la première fois cette année.
A peine le temps de défaire les valises et de prendre notre premier repas, il est déjà temps de me préparer. Pas le temps de vérifier le réglage de la lunette de la carabine ; rendez-vous avec le guide pour la première séance d’affût avait été fixé à 18h30. Le mirador n’étant suffisamment grand pour qu’elles accompagnent, ma compagne et ma fille avaient projeté de profiter de la superbe piscine et du spa de l’hôtel. Ce soir-là, je vis une centaine de grues couronnées passer devant le mirador, ainsi qu’un renard, rien d’autre.
Le lendemain matin (et il en sera ainsi tous les jours) départ de l’hôtel à 04h30, pour l’approche au chevreuil et au sanglier. Ce premier jour, je verrai plusieurs brocards ainsi qu’une compagnie de sangliers, mais aucun animal susceptible d’être tiré. Vers 8h00, nous voici de retour à l’hôtel pour le petit-déjeuner. Ensuite, journée libre et départ pour l’affût à l’ours à 18h00. Mis à part le premier jour, tous les soirs je verrai plusieurs ours, soit des femelles accompagnées de leurs jeunes, soit des jeunes mâles, soit encore des mâles adultes, mais ne faisant que passer en limite de la grande forêt. Les consignes du guide étaient strictes : ne tirer l’ours que de plein travers et à l’arrêt…
Le troisième jour au matin, après une approche en plaine, me voici à une centaine de mètres de deux grands vieux sangliers. Carabine posée sur le bipode, respiration bloquée, je presse lentement la détente… et rate mon premier sanglier ! Pas de traces de sang ni de poils. Par acquis de conscience, le guide va chercher un chien de sang, lequel ne trouvera rien.
Le lendemain matin, avec un autre chasseur local me servant de guide, nouvelle approche en plaine, seul cette fois, une grosse compagnie de sangliers ayant été aperçue à belle distance. Je parviens à une distance de 150 mètres, sans pouvoir approcher plus près. A bras francs, puisque le guide a oublié un bipode, je mets un vieux mâle dans ma lunette, presse la détente… et vois ma balle soulever de la terre au-delà du sanglier ! Mon guide me fait comprendre que cela peut arriver à tout le monde, et nous voici repartis pour une nouvelle approche, une vingtaine de minutes plus tard, dans des conditions similaires. Ici non plus, pas moyen d’approcher en-dessous de 150 mètres. A l’écart de la compagnie composée d’une quarantaine d’animaux, je repère deux vieux mâles en train de se chamailler. Je vise le plus grand, lâche ma balle… qui passe au-dessus du sanglier ! Cette fois, la coupe est pleine, et je fais comprendre à mon guide que je ne tirerai plus rien avant d’avoir vérifié le réglage de ma Swarovski.
Le même soir, avant l’affût, nous nous rendons dans une prairie, où une cible a été déposée à mon attention devant un petit tumulus. A une distance de 100 mètres, en appui, avec ma Blaser, je lâche une première balle GPA de calibre 300 Weatherby. L’impact se trouve à une bonne vingtaine de centimètres au-dessus du centre de la cible ! Il faut dire que deux mois auparavant, j’étais parti en Zambie, où j’avais réglé ma lunette avec les mêmes cartouches, mais à une altitude de 1 500 mètres, et avec une température supérieure à 35°C. Ceci expliquant cela…
Le lendemain matin, nouvelle approche sur brocard cette fois. Arrivé à une centaine de mètres du chevreuil, je cale la carabine sur un bipode, presse la détente… et le brocard, après une course de moins de dix mètres, s’effondre d’une balle en plein cœur. Le jour suivant, dans les mêmes conditions, approche d’un autre brocard qui s’enfuit au coup de feu, pour s’écrouler quelques mètres plus loin, également d’une balle en plein cœur. Décidément, l’histoire est un éternel recommencement !
Le dernier soir de mon séjour, nous nous rendons pour la troisième fois à l’affût dans une vaste tourbière en exploitation. Celle-ci borde une immense forêt constituée principalement de bouleaux, avec des conifères. Le mirador se trouve à une cinquantaine de mètres d’une fosse contenant du maïs, lequel est recouvert de sable. La veille, nous y avions vu un jeune ours fouillant le sable d’un côté de la fosse et, de l’autre, deux sangliers occupés à en faire de même, sangliers et ours se surveillant mutuellement. Pas encore d’ours au tableau, mais je ne stresse pas, étant habitué à tirer l’animal prioritaire du séjour le dernier soir… Le soleil est couché depuis un certain temps lorsque nous apercevons le premier ours, sortant de la forêt en face du mirador, à une distance d’environ 180 mètres. A couvert sous les frondaisons, près avoir longuement inspecté les environs, il sort enfin, pour se diriger droit vers la fosse. Je le trouve vraiment trop petit pour le tirer, et le laisse repartir après avoir pu l’observer en détails pendant une vingtaine de minutes. Entre temps, il fait nuit noire et la pleine lune n’éclaire que très peu, étant donné la présence de nombreux nuages.
Vers 22h15, je ne sais pourquoi, je me penche en avant pour regarder par la fenêtre du mirador, et j’aperçois un ours de belle taille à 20 mètres devant celui-ci ! Le guide n’avait rien vu. L’ours s’avance pour rejoindre la fosse à maïs. Fébrilement, le guide ouvre la fenêtre basculante, je me lève et passe le canon de ma carabine par l’ouverture. L’ours ayant senti ou entendu quelque chose, se retourne et s’apprête à fuir. Prestement, je vise l’épaule droite et lâche ma balle. L’ours fait un bond en avant en grognant très fort. Il boule comme un lapin et tombe dans le fossé… pour se relever une seconde plus tard et s’enfuir dans la forêt. Le guide et moi descendons du mirador, fouillons les alentours, mais ne trouvons ni ours, ni traces de sang. Le guide appelle un de ses collègues possédant un chien spécialement dressé pour la chasse à l’ours, qui arrive une vingtaine de minutes plus tard. Le chien est mis sur la piste et, immédiatement, part en aboyant. Bon signe, me dit le maître-chien. Nous entendons les aboiements du chien à une certaine distance. Le chien semble arrêté. Après une poursuite sur environ 1 200 mètres, après avoir forcé à plusieurs reprises le ferme, l’ours sera rejoint et le coup de grâce donné dans le cou.
A notre arrivée à la maison forestière, une douzaine de chasseurs locaux sont venus voir le premier ours tiré sur leur territoire, et fêter l’événement comme il se doit. Sur la balance, l’ours affichera un poids respectable de 235 kilos. Au dépouillage, il s’avère que ma balle est entrée légèrement trop bas dans l’épaule, a traversé les deux poumons, mais le noyau arrière n’est pas ressorti ; restant bloqué dans l’épaule opposée. Dans la précipitation, je n’ai pas tenu compte du fait d’un tir fort à la verticale, et n’ai donc pas fait la correction nécessaire, ce qui explique l’atteinte trop basse. Les réjouissances se prolongèrent jusqu’aux petites heures et je pus faire connaissance avec la convivialité estonienne. Heureusement que ce matin-là je ne chassais plus, mon séjour à Rakvere étant terminé. De toute façon, je reviendrai, c’est sûr, pour chasser l’élan à l’approche. »
Note : Guides serviables, compétents, connaissant leur territoire à la perfection. Le gibier est présent partout : tous les jours, j'ai vu sangliers et chevreuils le matin, et ours le soir à l'affût. En résumé, un voyage de chasse bien organisé et inoubliable.
Daniel V.
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